cop_mariage_ileanaHomélie de mgr. Ghika au mariage de la princesse Ileana et l’archiduc Anton de Habsbourg

      Sire, madame, Messeigneurs, Reines et Princesses réunies ici, Mes Frères en Jésus-Christ, si j’ai à vous saluer tous, ici, et m’adresser à vous – c’èst a vous surtout que je dois parler au nom de Dieu, mes chers enfants, en vous nommant de ce titre que le titre de Père selon Dieu, par vous, suivant la coutume, attribué à mon sacerdoce, me permet et me commande même de donner à VV.AA. II. & RR. avec une noblesse de sans et une plénitude de vérité qua la foi seule peut fournir, car il implique une véritable paternité spiritu­elle, par le sang de Jésus-Christ et l’opération du Saint-Esprit. Mes chers enfants, dis-je, je viens vous porter ici, avec la parole de Dieu et de Sa Part, autant qua je le puis, le commentaire vivant de ce qua vous accomplisses à cette heure, de ce que Dieu met en ce moment à votre disposition, de ce qu’Il attend de vous et que nous attendons de vous, Lui qui vous aime et vous veut ,,bien-à-lui” – ­nous qui tenons à vous par de véritables et précieux liens.
Je ne suis là que pour rendre de mon mieux plus sensibles cette présence et cette action divines qui enveloppent tout, pour essayer de souligner devant vous, avec l’aide du St-Esprit, préparant mon âme et la vôtre à cette tâche, toutes les réalitée surnaturelles qui se font jour ici. Des réalties et des actualités, toutes faites pour vous, pour votre bonheur et votre salut. Vous venez de prendre part à une messe: le Seigneur est venu pour vous sur cet autel, il y a été immolé pour vous, non point au figuré, mais en vérité perpétuée, en réalité actuelle, vous disant à chacun: ,,Je suis là, corps, sang, âme et Divinité, Moi, ton sauveur et ton Dieu; je me suis livré à la mort pour toi; Je suis offert pour toi au Père Eternel, aujourd’hui même, et Je ne l’ai pas été en vain”. Et, après avoir participe à ce mystère aussi inoui que familier, vous allez tous deux au-devant d’un sacrement; vous vous mettez pour cela en plein ordre de Dieu; et vous fondez dès maintenant ce qui sera votre foyer, vous le fondes en l’établissant sur la Pierre fondamentale elle-même de l’Eglise, selon ses loin les plus strictes, avec la bénédiction du Successeur de St-Pierre, du chef et du soutien de l’édifice chrétien tel que font voulu la parole et l’injonction formelle du Fils de Dieu.
Et tout cela s’accompagne et s’environne de grâces spéciales, de secours venus de Dieu et des amis de Dieu, saints qualifiés, ou chères âmes de morts et de vivants établis en grâce de Dieu.
Toutes ces réalités sont proches et vivantes. J’insisterai surtout sur quelques-uns, les plus nécessaires à rappeler. Et tout d’abord celle de ce sacrament que par-devant nous, solennel­lement, vous vous conférez l’un à l’autre par le consentement de vos deux volontés. Un, sacrement …,ce que trop de bonnes et pieuses âmes elles-mêmes oublient trop volontiers, en cette matière aussi bien dans leurs pensées que dans leurs actes.
Un sacrament: d’un mot qui est la clef de tout le’ mystère decl’existence et de la destinée humaine. Vous ne recevez pas ici une simple bénédiction, ce n’est point seulement une sorte de contrat, ai noble qu’il soit, qui vous unit, vous n’êtes pas ici au sein d’une pure cérémonie, pompeuse et touchante, traditionnelle et bienvenue, faite pour accompagner et pour solenniser le début de cette union. C’est quelque chose de bien plus grand. Vous avez, à cette heure, à jouer un rôle sacré, presque sacerdotal, point de départ de conséquences sans nombre dans ce monde et dans l’autre. Ce que vous allez, d’un mot et d’un serment, réaliser, ce n’est pas la venue de la grâce courante à l’égard d’un chrétien qui fait son devoir, c’est la prodigieuse richesse et le mystère vécu d’un sacrement véritable, avec, si vous savez le pénétrer, le miracle de ses secours extraordinaires, le miracle fécond et familier, mis désorma sans cesse à votre portée, doué d’une abondance et d’une spontanéité, qui peuvent être en Dieu tous les jours rajeunies et ressaisies. Ce sacrement qui vous associe à l’œuvre même de Dieu, vous en êtes le ministres, dès l’heure même de l’echange de vos paroles données, et nous, prêtres, nous n’en sommes que les témoins autorisés. Aujourd’hui par votre consentement et votre serment, qui vous donnent l’un a l’a-tre, et qui vous consacrent tous deux au Seigneur pour Sa glorification, vous prononcez les premiers termes d’un office sacré, qui dure autant que la vie, et qui, parce qu’il est tel, ne cesse d’être une source de grâces jamais révoquée, un trésor où l’on peut toujours puiser, en leur invisible origine, pour soi comme pour les autres, les lumières, les forces, les joies surnaturellement réservées par Dieu à qui sait les y trouver, pour nous aider à traverser victorieusement toutes les vicissitudes et les difficultés de la vie.
C’est quelque chose de si saint, en sol, que seule, dans l’Eglise,c’est à la masse quotidienne du prêtre que puisse se comparer la journée de vie commune des époux chrétiens. Le tout est de le comprendre et, le comprenant, d’en vivre dignement.Ce sens du sacrement éclaire toute notre conception de la vie. Il presérve du mal et même de l’imperfection, comme il peut engendrer intaris­sablement le bien. Il éloigne des moindres profanations comme des fautes notablement plus graves, avec le sens du sacrilège plus ou moins accusé qui accompagnerait toute défaillance grande ou petite; on court moins le risque, dès lors, dans la vie des époux, de faire ce qui pourrait altérer la sainteté du mariage ou se montrer peu conforme ses serments et à ses lois. Que ne peut être une vie d’époux chrétiens avec l’intelligence vivante et toujours présente, de ce caractère sacre, permanent, – de cette sorts de ,,religion” intime, domestique dans le rayonnement du sacrement institué par le Christ, reçu, vécu et toujours renouvelé!
N’est-ce pas que vous voulez vivre de votre mieux de cette vie là, de cette vie comme Dieu l’a voulue, comme Dieu la veut ?
Tout cela est pour vous-mêmes; mais, sachez-le, pour le monde entier, dans cet état où vous entrez, l’armature même de toute la Société repose sur deux seuls sacrements, – celui de l’Ordre, qui fait le prêtre, – celui du Mariage, gui fait la famille; – celui qui amène le Christ sur l’autel et Le distribue à tous, – celui qui amène le chrétien, cet autre Christ s’il est fidèle, à la vie de cette terre et du ciel. Vous êtes là, chacun, un des innombrables dépositaires de cette tâche divinement prescrite. Toute société ne persévère et ne progresse que par cela, si étrange que puise pa­raitre au premier abord une telle affirmation.
Voilà ce que garde l’Eglise, ce qu’Elle a reçu du Fils de Dieu avec un soin jaloux, avec une sainte intransigeance dont tous ne conçoivent pas les raisons: le dépôt de la pure et invio­lable doctrine sur un point d’application journalière et capitale. C’est le secret divin du bonheur individuel et général, terrestre et éternel, dont Elle doit à tout prix conserver le dépôt et la route-puissante vertu pour qui veut le comprendre et le vivre.
Et pourquoi cette surabondance, ce surcroît de secours divins, accordes à l’acte d’union de deux êtres, alors qu’en sont dépourvus l’exercice redoutable lui-même de l’autorité et de la justice, si necessaires à l’ordre du monde? … parce que, d’une part, nous avons ici le reflet concret de l’Union du Christ et de ses fidèles dans l’Eglise, suivant la parole de Saint-Paul, – et que, d’autre part, c’est la mise en œuvre du rôle admirable dévolu àl’union de deux êtres humains.
Vous êtes là, en effet, non seulement pour n’être plus, à deux, qu’une vie, qu’un cœur et qu’une âme, mais pour donner la vie à d’autres êtres, pour être associés à l’œuvre divine par ce qui ressemble le plus à une création.
Vous allez pouvoir appeler à l’existence des âmes nouvelles, des âmes immortelles, inévitablement vouées à une éternité qui, faite de joie ou de peine, est, en toute hypothèse, glorificatrice du Dieu vivant.
Et, dans la famille, une fois fondée, de ces nouvelles âmes, quelle lumière et quelle force, puisées dans le sacrement lui-même, pour les conduire au but à travers la vie, et, dans notre foi, quelle sûre puissance d’action, si, au-dessus de toutes les pédagogies, suivant le dogme trop peu souvent et peu pratiquement envisagé, nous faisons appel, dans l’âme de l’enfant baptisé, non seulement à ce qu’il est selon la nature et la grâce de Dieu, mais à la présence certaine, à la sainte habitation de la Toute-Puissance divine, établie à demeure en lui au moins jusqu’au premier péché mortel, et versant à notre aide, si nous l’évoquons, pour élever l’enfant selon la loi de ce même Dieu!
Cette famille d’âmes ainsi suscitées, et vouées à Dieu, c’est ce qu’on nomme d’un mot admirable, révélateur à la fois de chaleur, de lumière ,de rayonnement, d’intimité, de sécurité: le foyer. Que votre foyer soit vraiment un foyer chrétien dans tous les sens de ce mot, pour vous et pour les autres, pour la paix et pour la joie de tous!
Est-ce si loin de terre, si distant de nous, ce que Dieu donne et attend de nous? – Ce que le Dieu incarné, le Dieu fait homme est venu nous apporter, si démesuré, si divin qu’il soit, est fait à notre mesure, modele sur notre humanité, avec toute la clair­voyance de l’omniscient et toute l’efficacité secourable d o l’Omni­potent. N’ayez pas pour de vouloir monter trop haut; plus vous le ferez, plus vous serez soutenus.
Comprenez cela; bénissez le Ciel de le comprendre mieux à cette heure, faite pour mieux comprendre. Comprenez bien que, si le monde, doublé des intentions divines, est plus grand et plus beau qu’il ne paraît; que, si les moindres de nos actes ont une valeur demesurée, en méritant ou déméritant pour la vie éternelle, la seule qui compte, – entre tous, un acte comme l’acte solennel d’aujour­d’hui se lie directement à Dieu et à son action dans le monde, avec une portée dont vous ne saurez jamais assez pénétrer la profondeur.
Pour juger de ces réalités et de ces actualités surnaturelles dont, dès le début, je voulais vous souligner davantage l’active présence, – pour y songer, – un acte comme celui-ci vous met au cœur même de la question. Vous voici, pour l’instant, l’âme en dehors des conventions humaines, en grâce de Dieu par une complète et bonne confession, près de l’autel du Sauveur, au seuil de la vie, et d’une nouvelle vie, avec une intensité de conscience qui ne peut approcher que de celle du seuil de la mort. Vous n’êtes ici que deux chrétiens baptises, nommés devant Dieu de votre seul nom de baptême, votre nom de vocation au salut, le seul qui compte dans l’Eglise, Antoine et Ileana, jurant à Dieu, et l’un à l’autre, quelque chose de saint et d’irrérvocable pour avoir à en rendre compte au jour du jugement et pour accomplir de votre mieux, selon la volonté Divine, l’œuvre que Dieu vous confie. Voyez cela hors du temps et du lieu dans le fond de votre âme, comme avec le regard de Dieu, et en sentant tomber sur vous, aussi, plus que jamais à cet instant, avec l’amour infini du ,,Père qui est aux cieux” pour ses enfants, ce regard qui traverse tout, illumine tout, vivifie tout.
Soyez, près de cet autel, pour un inoubliable et très pur instant, hors d’un monde factice, dans la vérité spirituelle de l’âme, du monde, et de Dieu.
J’ai jusqu’ici, rappelé pour vous ce qui convient à tous. Maintenant je voudrais vous dire deux mots de ce qui convient plus particulièrement chacun de vous. Pour l’un et pour l’autre, ce nom de baptême unique et essentiel devant Dieu, il est associé à d’autres homs de famille et à des particularités de rang qui ne sont pas œuvre du hasard, mais ont leur place dans les desseins de la Providence. Je dois en parler; mais je n’en parlerai pas, ici non plus, de façon humaine et salon le monde. Et je chercherai parmi ce qu’évoquent ces noms, les protections et les lumières que Dieu peut y avoir mis en réserve pour vous. Et tout d’abord, Monseigneur, pour V.A. I . & R, je ne rappellerai pas, comme on le fait trop souvent en ces occasions, les gloires de fammille, quoi­qu’elles portent un enseignement effioace et comportent une obligation plus stricte d’être digne de pareils antécédents; et quoique nulle part pent-être, il n’y en ait autant d’accumulées. Elles sent par ailleurs trop connues pour qu’une mention explicite n’en devienne presque impertinente: Rodolphe, Ferdinand et Isabelle, Charles-Quint, Philippe II, les Rois de France, de Hugues Capet jusqu’à Louis XIV, les Rois d’Espagne, l’Empire, et presque toutes les couronnes d’Europe… Je ne parlerai même pas autrement qu’en passant d’un nom qui parmi vos ancêtres est demeuré cher à l’Eglise comme aux cœurs roumains et à ma famille, celui de l’Empereur Léopold ler arrêtant à Levencz, pour notre salut, l’essor, en Europe, des armées ottomanes, avec l’aide inattendue et décisive de mon aïeul Grégoire Ghika II, Prince de Valachie, ensuite réfugié à sa cour, – et donnant plus tard, à la fin du 17ème siècle, aux Roumains de Transylvanie, le droit à la qualité d’être humain que leur refusait depuis trois siècles une impitoyable domination, en leur facilitant du même coup l’Union au Saint-Siège de Rome, point de départ de leur renaissance religieuse et de notre renaissance nationale.
J’irai tout droit non pas à des souvenirs historiques, si nobles et si beaux qu’ils soient, mais à de vraies présences spirituelles protectrices, elles aussi réelles et actuelles. Et j’évoquerai deux êtres; je chercherai parmi les vôtres deux amie de Dieu, invisibles et présents, l’un datant de plusieurs siècles, vivant dans les siècles des siècles en l’éternelle compagnie de Dieu, et depuis sept cents ans au chevet de ses enfants comme des enfants de Dieu, votre aïeul Saint-Louis, Roi de France, dont de tant de façons, mais de plus près par votre grand-père Don Carlos d’une part, et votre trisaïeul Charles X, Roi de France, d’autre part, vous êtes le descendant direct.
Ce n’est pas seulement un des saints les plus grands, les plus complets et tout à la fois les plus imitables, c’est un patron et un modèle pour les familles royales, et c’est, à un degré que nos yeux de chair ne peuvent soupçonner, quelqu’un qui veille, de plus près que sur d’autres, sur les enfants de sa race comme sur les disciples de ses vertus. Suivant la doctrine de l’Église, il y a un lien plus étroit encore qu’entre tous, en ce monde et dans l’autre, entre ceux que la nature et la grâce ont providentiellement réunis sur cette terre… Parlez-lui donc en ce moment, et non pas comme à un être de raison, mais comme à quelqu’un de tout proche et de très aimant, qui est sûrement à vos côtés, et qui s’y trouve comme en famille, trait d’union vivant entre le Ciel et vous, venu pour vous bénir, et puissant sur le Cœur du Dieu auquel il est uni.
L’autre présence que je veux vous faire bien voir auprès de vous, ne plonge pas, elle, comme évocation, dans un lointain passe. Elle était hier encore de ce monde, c’est l’âme élue, qui vous a quitte naguère en apparence et qui, sans même que j’aie à l’appeler, est en ce moment, elle aussi, à vos côtés, après sa fin admmirable et touchante, votre frère très aimé, l’Archiduc Renier. Il vient mettre ici son âme comme au cœur de le vôtre, pour vous assister et vous bénir en as moment avec toutes sa tendresse de frère et de bien heureux.
Pour V.A.R. Princesse, je n’évoquerai pas non plus ce qui dans toute l’histoire, parcourue de l’Occident à l’Orient, en Alle­magne, en Angleterre, en Russie, pour arriver jusqu’aux bords de notre Danube, a pu marquer pour les vôtres de glorieux et de beau. J’appellerai seulement sur vous, de l’autre monde, au nom de Dieu, principalement, deux présences et deux bénédictions, celles d’âmes qui ont tenu à vous. Celle de notre Roi Ferdinand, du Roi loyal et bon, de l’âme sans mensonge, incapable de le concevoir pour lui-même comme de le soupçonner chez autrui, de l’ame énergique et généreuse toujours prête, pour le bien de son pays, à prendre, aux heures les plus critiques, si dur qu’il fût, le bon parti, de l’héroïque ouvrier de cette Grande-Roumanie qu’il a su si bien vous apprendre à aimer.
L’autre est celle de la Sainte amie de la Reine votre Mère, – l’inoubliable Sœur Pucci, morte au champ d’honneur de la charité durant la Grande Guerre. De son vivant, à mon départ du pays, je lui avais confié la Reine Marie, auprès de laquelle elle avait travaillé, vous savez de quelle façon, à soulager toutes les misères, à partager toutes les douleurs.
Je suis sûr que non seulement elle continue à s’occuper de l’âme de celle que je lui avais particulièrement confiée, mais qu’elle prend soin de l’enfant comme de la mère et qu’elle doit de là-haut, avec toute la puissance d’intercession que ses mérites lui ont value, as pencher, elle aussi, avec tout son grand cœur, sur la mère et sur l’enfant, à l’heure où l’enfant, devant Dieu, com­mence une nouvelle vie.
C’est sous les auspices dont je viens de parler que, à côté de toutes les autres sources de grâces, je tiens à placer votre union.
J’ai nommé les Saints et les morts, pour vous aider et vous bénir, les vivants sont là, eux aussi, et, dans l’assistance, bien des affections, bien des amitiés implorent efficacement le Ciel pour votre bonheur et votre salut, depuis le Roi et le frère très-aimé de la Princesse Ileana, les Reines Elisabeth et Marioara, jusqu’aux plus modestes concours d’âmes dévouées, depuis les hôtes princiers venus aux côtes de l’Autriche jusqu’aux plus humbles d’entre nous. Le prêtre qui vous parle à cette heure n’est pas le dernier à le faire, vous le saves, suivant le mot si étrangement écrit à sa place et à votre table de Balcic ,,imo pectore” – du fond du cœur – inscription bien justement trouvée aussitôt après qu’avait été dite, dans un tel sentiment, la messe à vous consacrée, que V.A.I. a bien voulu servir, et que V.A.R. a tenu à suivre.
Pour vous, Fille de Roumanie, ce n’est pas en vain que Dieu a voulu vous ménager le salut, la preuve d’attachement, la fervente prière d’un prêtre dans les veines de qui coule le sang de ceux qui depuis plusieurs, les ont vécu l’histoire de ce pays, et qui peut vous apporter avec sa bénédiction celle de tout le passé roumain, comme résumée et reprise en lui pour l’offrir à son Dieu.
Une autre bénédiction vient ici prendre place, qui déborde de toutes parts, la mienne, et que, retour de Rome, je vous apporte avec le témoignages d’un nouveau présent, ajouté au portrait que je vous ai remis naguère. Le Successeur au Chef des Apôtres, le Vicaire de Notre-Seigneur, a voulu vous donner une seconde preuve de Son affection paternelle, un don plus solennel et plus fait pour vous accompagner durant les épreuves et les joies de votre vie, avec de surnaturels et bienfaisants effets.
Dans cet écrin, Il a mis, pour vous, précieusement encadrée, et marquée de son nom, une des plus précieuses reliques qui soient, un fragment des restes de la petite sainte à miracles, de cette Ste-Thérèse de l’Enfant-Jésus dont la naissante renommée remplit déjà le monde et à qui l’Orient a été particulièrement confié, – cette enfant morte à vingt ans dans un cloitre et qui, sortie de ce monde, as montre plus puissante pour transformer le monde que les êtres les plus puissants de ce monde.
Laissez-moi en vous rappelant sa nature et son origine, vous la faire baiser et vénérer ici avant de vous la remettre, en un acte de foi et de reconnaissance. Donnez-moi, ensuite, un jour, la joie de voir les fruits de tant de bénédictions et de tant de grâces. Ainsi soit-il.

Sinaia, le 27 Juillet 1931

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