Mgr Vladimir Ghika
et Alex Ceslas Rzewuski o.p.
Michaela Vassiliu, dans Virgo Fidelis, n. 235.
« Car rien n’est impossible à Dieu. » (Luc 1,37)
« Tout est possible à celui qui croit. » (Marc 9,23)
« … la force illimité de la foi : elle rend tout possible ; elle déplace les montagnes elle se rend compte que ce qui est fait pour Dieu est aussi fait par Dieu et qu’en conséquence nous n’avons pas àfaire pour le bien par nos seules forces limitées, mais par la puissance infinie d’un Dieu instigateur et complice. » (Mgr. Ghika, Enttetiens spirituelles, “La visite des pauvres”, p. 154).
Ainsi s’exprimait Mgr. Ghika en parlant de la force de la foi, cette foi profonde qui habitait son cceur, cette meme foi qui l’a conduit à faire des merveilles pour son prochain.
Il était capable de s’apercevoir avec toute ,la délicatesse de son àme du besoin de celui qu’i1 rencontrait.
Vladimir Ghika formulera meme le terme de « théologie du besoin » pour exprimer mieux cette nécessité urgente. Il pensait que cette « théologie du besoin » est le règne de Dieu dans le besoin de ce moment qui se présente à nous, comme une invitation à l’amour, qui doit se répandre sur notre prochain.
Ce devoir, peut etre un devoir simple, de chaque jour, modeste, parfois caché, mais qui représente le règne de Dieu qui vient par nous et avec nous dans l’ instant présent.
Un des besoins les plus grands que Vladimir Ghika va rencontrer dans sa vie de pretre sont les besoins spirituels des àmes troublées. Et quel besoin n’est’ il pas plus grand que celui d’une ame assoiffée en manque de Dieu.
En 1926 un jeune artiste d’ascendance polonaise qui menait une vie superficieIle pleine de plaisir et de distractions dans la capitale parisienne va rencontrer Jacques Maritain et Vladimir Ghika.
Une rencontre providentielle qui peut changer toute une vie.
Il s’agit d’Alex Ceslas Rzewuski, d’origine noble, né en 1893 dans le Caucase.
Il fit ses études au Lycée Imperial de Saint Petersburg, puis obtient une licence en droit intemational. Il voyagea en France, Italie et Allemagne jusqu’à la première Guerre Mondiale.
De retour en Russie, il est surpris par la révolution de 1917 en Ukraine. Après la paix de Brest-Litovsk, il retrouve sa nationalité polonaise et partir pour Paris. A Paris il commence à travailler le dessin avec Léon Bakst. Il deviendra un artiste connu pour ses portraits à la pointe sèche très appréciés dans les cercles parisiens etjusqu’à nosjours.
Dans le monde de la capitale des arts, à Paris, Alex Ceslas Rzewuski mène une vie mondaine. Entouré par de belles femmes couvertes de bijoux, parmi des personnages importants de la haute société, ce peintre pétri de talent mène une existence sans souci.
Des voyages à Londres le mènent dans la vie mondaine d’Angleterre : déjeuners, diners et bals parmi les familles riches de l’aristocratie anglaise. Mais le Seigneur le maitre de tout, Celui qui est l’Amour et la Patience mème, l’attendait pour lui montrer un autre visage de la vie.
Lors d’une visite imprévue à Meudon avec un ami qui avait remarqué qu’il se sentait assez malheureux, il va rencontrer Raïssa et Jacques Maritain.
Dans cette maison il fait l’expérience de rester un certain temps devant le Saint Sacrement exposé.
Une conversation Sur la foi va s’engager entre l’artiste et Jacques Maritain. Ceslas Rzewuski va affirmer que la foi lui manquait.
Alors dans toute sa simplicité Jacques Maritain va lui conseiller de voir un prètre, notamment Mgr. Ghika, prince d’origine roumaine, converti de l’orthodoxie qui habitait à Auteuil dans l’abbaye bénédictine Sainte Marie de Paris, rue de la Source. Alex Ceslas Rzewuleski le rencontre.
Rencontrer un prètre saint peut changer entièrement une vie.
« La grace une impatience de Dieu. Il veut avoir à lui tous ses enfants, au plus vite, avant tout, et malgré tout. C’est le don gratuit, le miracle avant l’heure, l’exercice du droit de grace» affirmait Mgr Ghika dans ses « Pensées pour la suite des jours » (p. 111).
Mgr Ghika dans sa foi profonde prenait dans son creur celui qui était dans le manque, l’entourait de sa prière implorant, le secours du Sauveur et recourant souvent à l’intercession de la Vierge Marie.
Il fut touché par la présence d’un pretre remarquable affirmant que « tout en lui respirait la bonté et l’accueil » (Alex Ceslas Rzewuski o.p., A travers l’invisible cristal, p. 290).
Mgr. Ghika était un vrai directeur d’àmes. Nombreux étaient ceux qui se mettaientt sous sa direction. Il était assailli par des personnes de tous les milieux, des gens des plus simples comme des plus cultivés.
Il avait un don, un charisme d’attirer les àmes, d’obtenir des conversions. Le lieu privilégié était le confessionnal, c’était là qu’il entendait d~ lourds péchés, c’était là qu’il partagé abondamment la gràce de la miséricorde qui venait du creur de Jésus.
Sa grande union avec le Christ-Ressuscité et sa foi profonde en son amour rédempteur lui permettait de venir en aide aux personnes qui se trouvaient dans des cas particulièrement difficiles. Dieu agissait à travers ce pretre saint et les àmes sortaient du confessionnal complètement transforrnées.
Le père Ghika écouta avec attention le récit de la vie d’Alex Ceslas Rzewuski et l’invita avec une grande insistance à se confesser, le conduisant vers un prie-Dieu. Il va se confesser par pure politesse à ce vieux monsieur « si distingué et d’une culture si raffiné » comme lui-meme l’a avoué.
Cette confession fut une rencontre, une rencontre avec Jésus Sauveur présent dans le sacrement de la miséricorde. Il va se confesser en toute sincérité de tous les péchés dont il pouvait se souvenir. Le Père lui donna l’absolution et l’invita à aller communier.
Il va communier à Notre Dame d’Auteuil et reçu dans son àme un océan de palx.
Mgr Ghika comptait beaucoup sur l’action salvifique des sacrements car il ne doutaitjamais de la présence réelle de Jésus.
La vie de son pénitent était désormais changée. Touché par la gràce son àme va rejoindre son Seigneur et ce pecheur endurci va se consacrer désormais entièrement à la vie religieuse.
Alex Ceslas Rzewuski va quitter en cachette la vie mondaine et va rejoindre un père dominicain dans le couvent de Saint Maximin la Sainte Baume. Il entrera comme novice dans l’ordre precheur et sera un dominicain de grand allure.
« Mieux que la foudre et plus promptement, un seul regard de Dieu suffit à mettre le feu à une ame. » (Prince Vladimir Ghika, Pensées pour la suite des jours, p. 116)

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