Michel PRAT, oblat bénédictin

Monseigneur Vladimir Ghika, dans son livre “Pensées pour la suite des jours” – page 26 Ed. Beauchesne – a écrit:
“Qui n’est pas mortifié, mourra mal.”

Dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Lc16, 19-30), le mauvais riche n’est apparemment pas mortifié: il fait bonne chère tous les jours et ne partage pas son pain avec celui qui est à sa porte et qui a faim, le pauvre Lazare. Il ne fait donc ni jeûne, ni aumône. Et une fois mort, il est en proie aux pires tortures à l’Hadès. En Mt11, 20-24, Jésus dit que Tyr et Sidon, à la vue des miracles qui auraient eu lieu chez elles, se seraient repenties et donc, au Jour du Jugement, il y aura moins de rigueur pour elles. On peut comprendre ce passage de la façon suivante: elles se sont repenties, donc elles ont fait pénitence, elles se sont humiliées, mortifiées et elles auront une plus belle mort que si elles n’avaient rien fait.

Saint Benoît, Sainte Scholastique, Saint François et Sainte Claire se sont mortifiés durant leur vie – Il suffit d’avoir parcouru leur biographie pour s’en rendre compte – et ils ont eu une bonne mort.

Dans les récits d’un pèlerin russe, publiés pour la première fois en Russie vers 1870, il y a un prince très riche qui mène la vie la plus dissipée, la plus brillante, la plus luxueuse qui soit. Un soir, en se préparant pour aller à un grand bal, il entre en colère contre son valet de chambre et, dans son impatience, le frappe à la tête. Le lendemain matin, le domestique meurt des suites de ce coup reçu. Peu de temps après, le valet de chambre ainsi que d’autres morts, des hommes qu’il avait offensés, des femmes qu’il avait séduites, lui apparaissent en songe et le tourmentent sans cesse. Le prince finit alors par comprendre son infamie, se repentit, se confessa, affranchit tous ses serviteurs et fit le vœu de passer le restant de sa vie dans les plus durs travaux et de se cacher sous l’habit d’un mendiant. A peine avait-il pris fermement cette décision que les apparitions cessèrent. Sa réconciliation avec Dieu lui donna une grande joie et un grand réconfort. Il comprit ce qu’était le paradis et il connut une bonne mort parce que, en particulier, il s’était mortifié.

A SUIVRE…

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