Michel PRAT, oblat bénédictin
Monseigneur Vladimir Ghika, dans son livre “Pensées pour la suite des jours” – page 24 Ed. Beauchesne – a écrit:
“N’oublie pas que les plus beaux jours ne sont jamais beaux pour tous.”
Cette pensée va de soi eu égard au nombre de sans-abri ou de mal logés dans notre pays, eu égard à tous les malades dans les hôpitaux, eu égard à tous ceux qui souffrent du deuil d’un proche ou d’une séparation, eu égard à tous ceux qui souffrent de la solitude ou d’un manque de reconnaissance, qui vivent une traversée du désert, eu égard à tous ceux qui sombrent dans la dépression et le non-sens – La France est un des premiers pays consommateurs de neuroleptiques.
David dit au Psaume 30(29), 2-4:
“Je t’exalte, Seigneur, qui m’a relevé,
tu n’as pas fait rire de moi mes ennemis.
Seigneur mon Dieu, vers toi j’ai erré, tu m’as guéri.
Seigneur, tu as tiré mon âme du shéol,
me ranimant d’entre ceux qui descendent à la fosse.”
C’est effectivement un des plus beaux jours de l’auteur du psaume: le Seigneur lui a donné la victoire sur ses ennemis, a arraché son âme de l’enfer, lui a permis de recouvrer la santé et de revenir à la surface de la terre. D’autres que David peuvent être au même moment dans une situation bien plus difficile. C’est le cas au psaume 31(30), 11…13: 
“Pitié pour moi, Seigneur, je suis dans la détresse!
Les pleurs me rongent les yeux,
la gorge et les entrailles.
Car ma vie se consume en affliction et mes années en soupirs;
ma vigueur succombe à la misère
et mes os se rongent…
pour mes voisins je ne suis que dégoût, un effroi pour mes amis…
comme un mort oublié des cœurs, comme un objet de rebut.”
Jésus aussi a connu une traversée du désert (cf. Lc4,1-13). Sur la croix aussi, Jésus est descendu en quelque sorte dans la fosse; il était dans la détresse quand il a crié “Eli, Eli, lema sabactani?” (Mt27,46), il n’était que dégoût, un effroi pour ses amis. (Lc 23,35-38)
Les jours énumérés ci-dessus et qui ne sont pas beaux, Jésus les a connus aussi.
A SUIVRE…

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