Michel PRAT, oblat bénédictin

Monseigneur Vladimir Ghika, dans son livre “Pensées pour la suite des jours” – page 136 Ed. Beauchesne – a écrit: “Un des noms magnifiques et terribles de Dieu, pour les bons comme pour les méchants: l’Inévitable. Il est l’Inévitable. Il l’est plus que la mort. Mais penser que Celui qu’on ne peut d’aucune manière, ni nulle part, ni jamais éviter, c’est le suprême Amour…”

Au chapitre IV, v.49 de la Règle de Saint Benoît il est écrit: “En tout lieu se savoir avec certitude sous le regard de Dieu.” En tout lieu, le moine ne peut échapper au regard de Dieu, il est l’Inévitable. On sait que tous nos actes et nos paroles doivent être conformes à l’Evangile. Sinon on prend le risque de se séparer de Dieu et d’être une proie pour le Diable. C’est donc bien qu’en tout temps, en tout lieu, le Seigneur nous regarde, il est inévitable. David dit (Ps 69,17):

“Réponds-moi, Yahvé: car ton amour est bonté;
en ta grande tendresse regarde vers moi;”

David cherche la présence de Dieu, son regard. Jésus, par sa mort et sa résurrection, a pris sur lui tous les péchés (1Co 15,3), toutes les souffrances des hommes pour nous donner la vie, par amour pour nous. Or tout homme a connu dans sa vie une période où il a souffert, tout homme a péché (cf. La femme adultère Jn 8,7-9). En cela Jésus est inévitable mais celui qui souffre, qui pèche est libre d’accepter ou de refuser le salut ainsi proposé. “Car, la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection des morts. De même en effet que tous meurent en Adam, ainsi tous revivront dans le Christ.”(1Co 15,21-22)

Dieu est inévitable parce qu’il n’existe pas: IL EST.

“On a tout dit de Dieu quand on a prononcé son vrai nom. IL EST, cela suffit, et c’est même trop. Dieu est le seul au monde – autant que cette expression soit permise – à se contenter d’un Verbe pour laisser épuiser sa substance par une Parole… Et Dieu n’a ni raison ni tort d’être: il n’a jamais à répondre de son Acte devant personne… Il n’a pas à s’expliquer, à plaider sa cause, il n’a pas de cause, personne ne pouvant l’accuser. Il n’a pas à chercher d’appui, il est un Acte sans fondement.”(Extrait de “Le Dieu de Sartre” par H. Paissac – Éditions Arthaud 1948 – pages 82,97,98)

A SUIVRE

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