Michel PRAT, oblat bénédictin

Monseigneur Vladimir Ghika, dans son livre “Pensées pour la suite des jours” – page 118 Ed. Beauchesne – a écrit: “Il n’y a qu’un homme vraiment riche, celui qui peut se donner tout entier.”

La parabole de l’homme riche dont les terres avaient beaucoup rapporté (Lc 12,16-21) montre que la vie d’un homme n’est pas assurée par ses biens” (Lc 12,15). Celui qui amasse des trésors pour lui-même n’est pas assuré d’avoir un bel avenir. On le constate encore dans la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (Lc 16,19-30). Jésus propose au riche notable (Lc 18,18-23) d’être un homme vraiment riche, d’avoir un trésor dans les cieux en vendant tous ses biens et en le suivant lui, Jésus, mais cet homme décline la proposition car “il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu (Lc 18,25). Par contre, aux apôtres qui se sont donnés tout entier (Lc 18,28-30), Jésus promet bien davantage et la vie éternelle. La richesse d’un homme, c’est sa vie et Jésus promet à tout homme, qui perd sa vie à cause de lui, qu’il la sauvera. (Lc 9,24-25)

Cette pensée de Mgr Ghika se retrouve aussi dans l’estime de Salomon pour la Sagesse (Sg 7,7-14) La sagesse y apparaît comme une richesse qu l’on obtient par la prière (v.7), nettement supérieure à la richesse matérielle (v.8), supérieure même aux métaux et pierres les plus précieux (v.9), aux biens apparents que sont la santé et la beauté (v.10); c’est par la Sagesse que le roi Salomon est devenu riche de tous les biens énumérés ci-dessus (v.12 et 1R10).

Lors de la naissance de la première communauté chrétienne (Ac 4,32-5,11), Ananie et Saphire croyaient pouvoir être riches pour eux-mêmes, en gardant leurs biens, en ne partageant pas et ils ont été condamnés; Par contre, ceux qui se donnaient au Christ ressuscité étaient riches d’une grande unité (v.32), d’une grande faveur (v.33), nul n’était dans le besoin (v.34). On est vraiment riche si on est riche pour le Seigneur comme le dit Saint Paul aux Romains (Rm 14,6-8): “Celui qui tient compte des jours le fait pour le Seigneur; et celui qui mange le fait pour le Seigneur, puisqu’il rend grâce à Dieu. Et celui qui s’abstient le fait pour le Seigneur et il rend grâce à Dieu. En effet, nul d’entre nous ne vit pour soi-même, comme nul ne meurt pour soi-même; si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur, et si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Donc, dans la vie comme dans la mort, nous appartenons au Seigneur.”

La vraie richesse, la vie sont pour ceux qui se donnent à Dieu.

A SUIVRE

This function has been disabled for Vladimir Ghika.