Michel PRAT, oblat bénédictin

  Monseigneur Vladimir Ghika, dans son livre “Pensées pour la suite des jours” – page 26 Ed. Beauchesne – a écrit:
“Les racines ont plus soif que les feuilles.”

Les racines cherchent et apportent l’eau à la plante ou à l’arbre et qui sera nécessaire au développement des feuilles. De même dans une société, l’Eglise de Jésus Christ, qui est la racine d’un groupe humain, recherche l’eau de ses origines. D’où vient-elle? Pourquoi existe-t-elle? Où va-t-elle? Elle a besoin d’eau pour pouvoir répondre à ces questions. Le genre humain est comparable aux feuilles: il a besoin de ses racines, de l’Eglise pour trouver ses raisons de vivre, pour avoir le goût de la vie.

En Roumanie, après l’abdication du roi Michel Ier, Mgr V. Ghika et ses confrères étaient la mémoire, la racine du peuple roumain. Ils avaient plus soif que ce dernier qui représente les feuilles. Ils pouvaient faire leurs les paroles du psalmiste Ps 62(63),2: “Dieu, toi mon Dieu, je te cherche dès l’aube, mon âme a soif de toi; après toi languit ma chair, terre aride , altérée, sans eau.” ou encore Ps 41(42),2: “Comme languit une biche après l’eau vive, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu.”

Cette pensée du Bx Ghika est reprise dans le but de la congrégation des Missionnaires de la Charité de Mère Teresa: Étancher la soif de Notre Seigneur Jésus Christ pour le salut des âmes par l’observance des quatre vœux religieux de l’ordre.

L’image des racines et des feuilles se retrouve aussi en Ps 1,3: “Il est comme un arbre planté près d’un ruisseau; il donne du fruit en la saison et jamais son feuillage ne sèche. Tout ce qu’il fait réussit;” ou encore en Jr 17,8 (Bible de Bayard) : “Il est comme un arbre poussé dans la rivière, ses racines plongeant de la berge dans le courant, il ne craint pas les chaleurs, ses feuilles restent vertes, il ne redoute pas les années sèches et ne cessera jamais de porter fruit.”

Enfin l’image du feuillage et de l’eau se retrouve dans l’Evangile en Mt 21,18-22 (traduction liturgique): “Le lendemain matin, en revenant de la ville, il eut faim. Voyant un figuier au bord de la route, il s’en approcha, mais il n’y trouva rien d’autre que des feuilles, et il lui dit: “plus jamais aucun fruit ne viendra de toi…”””

 A SUIVRE…

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